Le miroir sociétal

La société actuelle se reflète en chacun de nous, et chacun de nous cherche à s’accommoder à cette société. L’être humain fait une copie d’un profil existant créé par cette dernière et se l’accapare afin de s’incruster dans son environnement. Ce que l’on appelle l’effet mouton, ou la preuve sociale, apparaît alors. Hannah Arendt parlait dans son ouvrage rapportant le procès d’Einchmann, de l’analyse de la « banalité du mal ».

La pression sociale et les enjeux qui en découlent font que l’homme devient docile et agit en fonction des ordres qu’il reçoit sans aucune réflexion. Il se sent rassuré car il fait partie d’une masse d’homme qui accroit le sentiment de puissance. De plus, Hannah Arendt ajoutait « Pour être confirmé dans mon identité, je dépends entièrement des autres. » insistant bien sur l’importance des autres dans la construction de soi. Les hommes se suivent, s’entassent dans des cases, comme de vulgaires objets construits à la chaine. Comme disait Anthony Burgess, le fait de “Considérer l’homme comme un consommateur, c’est tout simplement lui faire perdre son identité, sa véritable image…”.

L’homme en se standardisant devient le reflet de l’autre. En voulant appartenir à un groupe, il se perd. Ce qui devait être, à la base, la quête de l’image de soi et de son identité sociale devient alors une simple standardisation. Nous sommes un produit créé à la chaine à la manière du Taylofordisme. Il n’y a plus de réelle distinction entre deux êtres humains qui appartiennent à la même catégorie. La société les utilise un certain temps, puis, lorsqu’ils ne sont plus utilisables, les jette pour les remplacer par de nouveaux à la manière de l’obsolescence programmée. C’est donc le principe du miroir de refléter la réalité et donc de dupliquer à l’infini cette sensation de copie.

Le miroir joue alors le rôle de dénonciateur de cette société de clones, et apporte une sorte de mise en abimes par la multiplication des individus identiques. Nous voyons donc une société qui nous standardise et qui nous façonne à son image.

Pierre-Louis Pommery (DG1)